Message n°258
 
CHASSÉ DU PARADIS

« Et l’Éternel Dieu le mit hors du jardin d’Éden, pour labourer le sol, d’où il avait été pris : il chassa l’homme, et plaça à l’orient du jardin d’Éden les chérubins et la lame de l’épée qui tournait çà et là, pour garder le chemin de l’arbre de vie. »

(Genèse 3 v.23-24)

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Ce texte écrit au 19ème siècle, est toujours d’actualité ! Le monde voudrait recréer le jardin d’Eden, sans Dieu et peuplé d’hommes pécheurs ! Ce qui est impossible ! Dieu en a fer-mé définitivement l’entrée, tout en ayant pourvu à l’Agneau qui ôte le péché du monde !
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Le chef-d'œuvre de la création de Dieu a été rapidement gâté. Dans le paradis, Adam pouvait jouir sans limites de tout ce que son Créateur avait fait, possédant une intelligence capable d'apprécier toutes choses ; car c’est lui qui a donné des noms à tous les êtres vivants (*). Mais son bonheur n’a pas duré pas longtemps : mis à l'épreuve par une seule défense qui ne constituait aucune gêne pour son bien-être. Il a succombé à la tentation de Satan et sa désobéissance lui a valu la perte du lieu de délices préparé pour lui. Une autre chose, encore plus triste, mais hélas peut-être moins ressentie, a été la perte de la communion qui était sa part, dans la paix inexprimable de la présence de Dieu !

Il nous est sans doute difficile de nous faire une idée de ce que c'était que cette communion. Actuellement, le croyant est appelé à en jouir spirituellement, même au milieu des douleurs, car les regards de la foi ne sont « pas fixés sur les choses qui se voient, mais sur celles qui ne se voient pas et qui sont éternelles » (2 Corinthiens 4 v.16-18). Mais Adam avait le privilège d'entendre la voix de Dieu sur la terre où il était, car l'Éternel descendait tout près de lui, lorsqu'il « se promenait dans le jardin » (Genèse 3 v.8). Jardin qu’il avait « planté » (Genèse 2 v.8) Lui-même. De plus, ayant été établi par Dieu, chef suprême de la création, Adam était le seul être capable de comprendre ce que Dieu était pour lui. Mais une fois déchu par la désobéissance, cette voix divine lui apporte dans l'âme la terreur et non la joie. Au lieu de chercher la face de Dieu, ce « rassasiement de joie » dont parle le Psaume 16 (1*), il a peur dès qu'il entend la voix de Dieu, et va se cacher au mi-lieu des arbres du jardin (2*) comme si les arbres pouvaient le dérober à la vue de Celui qui les avait créés !

La question « OÙ ES-TU ? » posée par Dieu, dévoile l’état d’Adam. Il n'était plus là où Dieu voulait le trouver ; il n'y était pas parce que le péché avait déjà fait une séparation entre lui et son Dieu (1*). Du côté d'Adam tout était perdu ; la peine attachée à l'infraction du seul commandement donné, pèse déjà sur sa conscience ; il a mangé de l'arbre dont Dieu lui avait dit qu’au jour où il en mangera, il mourra certainement (2*). Adam ne le sent que trop bien : sa femme ayant déjà pris du fruit de l'arbre avant de lui en offrir, il devait alors bien penser aux conséquences d'en manger avant de se jeter de propos délibéré du côté de celle-ci, au lieu de l'abandonner seule à son sort. L'apôtre Paul fait ressortir cela en parlant de la position de la femme ; montrant qu’Adam n’a pas été trompé (3*), mais il s'associe à Eve qui a été séduite, et l'arrêt de mort tombe sur tous les deux !

Toutefois il y a des ressources en Dieu ; chose étonnante mais réjouissante pour nous, la déclaration de son jugement le révèle :

... l’Éternel Dieu dit au serpent : Parce que tu as fait cela, tu es maudit par-dessus tout le bétail et par-dessus toutes les bêtes des champs ; tu marcheras sur ton ventre, et tu mangeras la poussière tous les jours de ta vie ; et je mettrai inimitié entre toi et la femme, et entre ta semence et sa semence. Elle te brisera la tête, et toi tu lui briseras le talon. À la femme il dit : Je rendrai très-grandes tes souffrances et ta grossesse ; en travail tu enfanteras des enfants, et ton désir sera tourné vers ton mari, et lui dominera sur toi. Et à Adam il dit : Parce que tu as écouté la voix de ta femme et que tu as mangé de l’arbre au sujet duquel je t’ai commandé, disant : Tu n’en mangeras pas, — maudit est le sol à cause de toi ; tu en mangeras en travaillant péniblement tous les jours de ta vie. Et il te fera germer des épines et des ronces, et tu mangeras l’herbe des champs. À la sueur de ton visage tu mangeras du pain, jusqu’à ce que tu retournes au sol, car c’est de lui que tu as été pris ; car tu es poussière et tu retourneras à la poussière. (Genèse 3 v.14-19)

Dieu commence par Satan, l'auteur du mal ; et, d'après les termes de la sentence passée sur lui, Adam entend que « la semence » de la femme brisera la tête «« du serpent ». Ce ne sera pas sans souffrance pour le Libérateur, mais Celui-ci va naître de la postérité de la FEMME, et par conséquent, elle ne mourra pas sur le champ. En quelque mots, Dieu dit beaucoup de choses ! La foi saisit cette « porte d'espérance » (1*), et il donne à sa femme le nom de « Eve », « parce qu'elle était la mère de tous les vivants » (Genèse 3 v.20). Voilà la grâce qui brille déjà en faveur des coupables, dans le jugement prononcé sur le serpent ! Dieu ne compte pas le temps comme nous. Pour lui, « un jour est comme mille ans, et mille ans comme un jour » (2 Pierre 3 v.8) ; le chapitre 5 de la Genèse (2*) nous apprend que Dieu garda Adam neuf cent trente ans avant que la sen-tence de mort soit mise à exécution, en sorte qu'il a pu être témoin de la sainte vie d'Énoch pendant plus de deux cent quarante ans.

C'était là grâce encore, car si les chérubins étaient placés près du jardin pour garder le chemin de l'arbre de vie, ils auraient pu tout aussi bien se servir de l'épée flamboyante pour mettre fin à l'existence d'Adam, et la sentence de mort aurait été exécutée tout d'abord. Dieu ne l'a pas voulu. Il n'a pas voulu non plus que l'arbre de vie fût ôté, preuve qu'Il pensait à ses conseils d'amour, d'après lesquels l'accès à l'arbre de vie nous serait pleinement ouvert plus tard, comme nous le voyons à la fin du Saint Livre (*).

De plus, afin de leur donner l’assurance qu’Il pensait à l’état dans lequel ils se trouvaient dès à présent, Dieu a fait à Adam et à sa femme, des vêtements de peau avant de les chasser du jardin d’Eden ! A partir de ce moment là, Dieu les voyait revêtu de Son œuvre à Lui ! C’était là le témoignage qu’ils étaient les objets de Sa grâce, malgré qu’ils soient privés des jouissances qui étaient leur part dans le paradis !

Toutefois la vérité solennelle renfermée dans la défense de manger de l'arbre de la connaissance du bien et du mal, ne pouvait être anéantie. La conscience acquise dans l'acte de désobéissance fait peser sur le cœur des êtres déchus le sentiment de leur responsabilité envers le Créateur, accompagné de la crainte de son juste jugement, et de l'impossibilité de regagner leur innocence perdue. « Le péché était entré dans le monde et, par le péché, la mort » (Romains 5 v.12) ; dorénavant la mort pèserait sur toute la race d'Adam, accompagnée des maux dont Dieu parle à Adam et à Eve en les jugeant.

Dès ce moment-là personne ne pouvait s'approcher de Dieu sans reconnaître en premier lieu ce triste fait, savoir qu'il était pécheur, destiné par conséquent à mourir. C'est ce qu’a fait Abel par son sacrifice, et Dieu l'agréa, lui rendant témoignage en vertu de l'agneau immolé (1*). La foi glorifie Dieu, elle reconnaît ce que Dieu a dit, et agit en conséquence selon la vérité. Le psalmiste l'exprime ainsi : « Voici, tu veux la vérité dans l'homme intérieur » (Psaume 51 v.6). On reconnaît dans son for intérieur la justesse de la sentence divine prononcée sur le pécheur : Moi, je suis pécheur, et « les gages du péché c'est la mort» (Romains 6 v.23). Le « pharisien », ne voulant pas prendre cette place, qui est du reste celle de tous les hommes devant Dieu, ne peut être justifié de Sa part (2*) ; car : « Tous ont péché, et n'atteignent pas à la gloire de Dieu » (Romains 3v.23) . Par contre, celui qui s'approche de Dieu, reconnaissant cette vérité et s'appuyant sur la grâce de Dieu, trouve de Sa part le salut et la justification (3*) !

La grâce de Dieu va plus loin encore. Le Libérateur [= le Seigneur Jésus] de la race déchue vient au moment préordonné de Dieu. Lorsqu'Il arrive sur la scène de ce monde, nous apprenons, le suivant dans son chemin d’humiliation, allant bien au delà de ce que nous aurions pu imaginer, que l'œuvre de la délivrance ne devait pas être opérée par la seule puissance de Dieu, mais en prenant part à l'état où l'homme se trouvait, sauf en ce qui concerne sa culpabilité ; Adam trouve la mort par son péché, Christ est obéissant jusque là, accomplissant « la volonté de Dieu » (*) en mourant pour le péché.

Jésus, « étant riche, a vécu dans la pauvreté pour nous, afin que par sa pauvreté nous fussions enrichis » (2 Corinthiens 8 v.9). La femme, chassée du paradis pour sa transgression, devait connaître dorénavant les souffrances, le travail d'enfantement, la soumission à une autorité souvent maligne et volontaire (1*) ! Jésus a accepté tout cela de la part de ceux qu'il était venu sauver et qui auraient dû être tout réjouis de reconnaitre son autorité sur eux. L'homme devait apprendre par un travail ingrat, à la sueur de son front, que le sol était « maudit à cause de lui » (2*) ! Jésus est venu porter la malédiction (3*), alors qu’Il accomplissait l'œuvre de la rédemption ; et, des épines qui devaient tourmenter Adam, on a fait pour Jésus une couronne, après que sa sueur fut comme des grumeaux de sang découlant sur la terre (4*). La mort était-elle les gages du péché ? Jésus subit la mort « afin qu'il rendît impuissant celui qui avait le pouvoir de la mort, c'est-à-dire le diable, et qu'il délivrât tous ceux qui, par la crainte de la mort, étaient, pendant toute leur vie, assujettis à la servitude » (Hébreux 2 v.14-15).

Jésus, notre Sauveur, a été ici-bas, « homme de douleurs, sachant ce que c'est que la langueur » (Ésaïe 53 v.2-4), méprisé par ceux qui était enseignés par les Ecritures, et qui en étaient les gardiens, ils auraient dû l'acclamer comme leur Roi promis ; mais lorsqu'on le revêt des emblèmes de la royauté, c'est pour se moquer de Lui, et aller jusqu’à Lui cracher à la figure. Tel est l'homme dans son état misérable, éloigné de Dieu, préférant au Dieu vivant, une idole muette faite d’un objet de métal ou d’un morceau de bois, fléchissant les genoux devant elle, et versant toute sa haine sur son Dieu Sauveur venu pour le chercher en grâce et pour le sauver.

Ah! n'apprenons-nous pas dans l'humiliation et dans la mort du Sauveur quelles sont « les richesses de la grâce » de Dieu (1*) en faveur des pécheurs exclus du paradis terrestre ? N'y a-t-il pas dans le récit de ses souffrances de quoi émouvoir le cœur le plus dur, et de quoi rassurer le plus timide quant à l'intention arrêtée de Dieu d'opérer la délivrance complète de ceux qui sont captifs de Satan ? Puissions-nous écouter le récit de la grâce que Dieu nous a donné dans sa parole « vivante et permanente » (2*), et en profiter pendant que le jour de la grâce dure encore et avant que le Seigneur revienne, alors non pas comme Sauveur, mais comme Juge de toute la terre, pour tous ceux qui n’auront pas répondu à l’appel de sa grâce !